Même s’il a déjà participé à 26 Grands Prix en F1, Bruno Senna estime que son arrivée chez Williams marquera ses vrais débuts dans la discipline.  Il est vrai que chez LRGP, il a été parachuté titulaire sans vraiment connaître la monoplace, ce qui n’est jamais idéal. Compte tenu de cela, ses performances ont été tout à fait honorables, en comparaison avec celles de Petrov qui avait plusieurs Grands Prix dans les jambes et surtout qui avait testé la R31 durant l’hiver. Des essais hivernaux auxquels Senna n’a pas participé en 2010. Son équipe, HRT, arrivant à Melbourne sans avoir accompli le moindre kilomètre. Autant dire que jusqu’à présent, son parcours en F1 a été quelque peu chaotique.
En 2012, Bruno Senna aura donc droit à une préparation normale avant d’entamer le début de saison le 18 mars prochain à Melbourne. Dés lors il ne sera plus question de se trouver des excuses pour expliquer une éventuelle contre-performance. La question que beaucoup se posent est de savoir si Williams a fait le bon choix en titularisant Senna (bien aidé par de généreux sponsors) à la place de Rubens Barrichello dont l’expérience aurait pu être bénéfique à l’écurie au moment ou elle se reconstruit. Le fait est qu’on ne sait pas vraiment quoi penser du niveau de Bruno Senna. Le décès de son oncle en 1994 aura mis sa carrière entre parenthèse et ce n’est que 10 ans plus tard qu’il reprend le chemin des circuits, il est alors âgé de 21 ans. Après des piges en fin de saison en Formule BMW et en Formule Renault 2.0, il rejoint le championnat de Formule 3 britannique en 2005. Après une saison d’apprentissage il joue le titre en 2006 et termine finalement à la troisième place du championnat.
En 2007, il franchi une nouvelle étape en rejoignant le championnat de GP2 Series au sein de l’écurie Arden. Bruno prend rapidement ses marques et s’impose dés la troisième épreuve disputée à Barcelone et termine le championnat à la huitième position. En 2008 il rempile en GP2 mais cette fois avec l’équipe iSport. Il signe trois poles position et deux victoires dont une à Monaco 15 ans jour pour jour après le dernier succès de son oncle en Principauté, tout un symbole. Bruno finit la saison deuxième derrière Giorgio Pantano qui est, à ce jour, le seul champion de GP2 à ne pas avoir eu de promotion en F1. Pour la saison 2009, le Brésilien effectue des essais avec l’écurie Honda mais le retrait du constructeur nippon le poussera à remettre ses rêves de F1 en parenthèses.  Sans volant en monoplace, Senna trouve refuge en Endurance et participe au Le Mans Series avec l’équipe Oreca d’Hugues de Chaunac. En 2010, il rejoint enfin la Formule 1 avec la toute nouvelle équipe Hispania Racing Team. Cette première saison en F1 a été difficile, au volant de la HRT qui était à peine digne du GP2, il était impossible de se faire remarquer. En 2011, il a montré de belles choses au volant de la Lotus Renault GP, comme sa septième place sur la grille à Spa devant un certain Fernando Alonso. Sur huit courses, le duel entre lui et Petrov à tourné au match nul dans l’exercice des qualifications. Bruno est donc un pilote rapide ça ne fait aucun doute. « Je ne pense pas qu’il y ait le moindre doute sur son rythme, » explique Alan Permane, directeur des opérations en piste pour LRGP. « Ce qui pose problème -et il le sait- , c’est sa constance ».
Un pilote est toujours jugé par rapport à son équipier. En 2011, Senna n’a pas démérité face à Petrov mais le Russe ne passe pas pour être un futur champion du monde en puissance. « Bruno était au moins aussi rapide, si pas plus que Vitaly, » ajoute Permane. « Il est difficile de dire comment il se comporterait face à un pilote comme Alonso, Kubica ou Schumacher, mais certains pilotes ont besoin de temps avant d’exploser ».
C’est vrai que même Michael Schumacher n’avait pas été particulièrement impressionnant dans les catégories qu’il avait fréquenté avant d’arriver en F1 au sein de la modeste écurie Jordan en 1991. De même, Jenson Button a mis pas mal de temps avant de se forger une véritable réputation. Arrivé en F1 en 2000 chez Williams, on voyait en lui la nouvelle star anglaise. Pourtant il sera remercié à la fin de la saison et trouvera refuge chez Renault où il se fera dominer par Giancarlo Fisichella, et ce n’est qu’aujourd’hui qu’il est véritablement considéré comme un des meilleurs pilotes du plateau. « Quand Jenson a conduit pour nous, Giancarlo Fisichella l’a détruit et Fisico serait le premier à dire qu’il n’était pas une star. Il était un très bon numéro 2. Mais aujourd’hui Jenson est fantastique. Senna peut-il faire pareil? Seul le temps nous le dira, » explique Alan Permane.
La pression est donc importante sur les épaules du jeune pilote de 28 ans, d’autant que son arrivée chez Williams-Renault fait évidemment renaître quelques souvenirs dans l’esprit de nombreux passionnés qui rêvent de voir un Senna s’imposer à nouveau en Formule 1, ce que Ayrton n’a pas eu le temps de faire avec l’écurie de Franck Williams. L’occasion pour Bruno d’écrire de nouvelles pages de l’histoire de la mythique équipe anglaise et d’enfin se détacher de l’ombre de son oncle pour se faire un prénom? L’avenir nous le dira. En tout cas, cette fois-ci, le neveu du triple champion du monde brésilien a toutes les cartes en main pour montrer de quoi il est capable.







