Alors que le rideau vient tout juste de tomber sur le championnat 2011, l’heure est déjà aux premiers bilans. Si 2010 nous avais offert un suspense inégalé avec pas moins de 4 pilotes pouvant encore être sacré lors de la dernière manche, 2011 aura été une marche triomphale pour Sebastian Vettel. Après être devenu le plus jeune champion du monde de l’histoire l’an dernier, l’Allemand enfonce le clou en s’adjugeant un deuxième sacre, faisant de lui le plus jeune double champion du monde de la F1. Vettel continue à graver son nom sur les tablettes de la catégorie, puisqu’il est également celui qui a signé le plus grand nombre de poles en une saison, battant l’ancien record de Mansell.
Après une saison 2010 marquée par quelques erreurs de jeunesse, Vettel a frôlé la perfection cette saison en commettant que peu d’erreur en course. La plus marquante est probablement celle du dernier tour du Grand Prix du Canada qui permet à Button de s’imposer. Au volant d’une Red Bull aussi performante que fiable, Vettel a dominé l’ensemble des autres pilotes du plateau, à commencer par son propre équipier. Webber qui avait fait jeu égal avec le prodige allemand en 2010 aura fait pâle figure cette année, sa victoire acquise au Brésil n’y changera rien, si ce n’est que pour le moral de l’Australien ça ne peut être qu’une bonne chose avant de prendre un peu de repos.
Derrière l’ogre allemand, c’est Jenson Button qui s’en est le mieux sorti. Le champion du monde 2011 s’est presque révélé aux yeux de nombreux observateurs qui n’ont pas manqué de saluer sa très bonne saison. Même Flavio Briatore, qui l’avait évincé de chez Renault en 2002 et l’avais comparé à une borne kilométrique en 2009 y est allé de son petit compliment, c’est dire. Button c’est la science de la course. L’Anglais n’est pas forcément le plus rapide sur un tour- il n’a devancé Hamilton qu’à 6 reprises en qualification- mais fait preuve d’une maturité en course qui lui permet de régulièrement figurer parmi les meilleurs, comme le soulignait Jackie Stewart dans une interview avec la télévision belge francophone.
Un autre pilote qui peut se montrer satisfait de sa saison, compte tenu du matériel mis à sa disposition, c’est Fernando Alonso. La 150th Italia n’était pas la meilleure voiture du plateau, en comparaison avec la Red Bull et la McLaren, elle était sans doute même moins bonne que la F10 de l’an dernier. Pourtant Alonso n’a pas ménagé ses efforts pour extraire le maximum de sa monture et s’offrir un succès historique à Silverstone. Cette pugnacité de l’Espagnol aura, plus que jamais, placé Felipe Massa au second rang. Le Brésilien n’a pas été à son meilleur niveau cette saison et n’est pas monté une seule fois sur le podium ce qui n’était plus arrivé à un pilote Ferrari depuis 1992. Pour 2012, Ferrari devra prendre plus de risques dans la conception de sa monoplace et compte bien mettre toutes ses ressources dans la bataille. Ce n’est sans doute pas anodin si l’équipe italienne a décidé de prendre ses distances avec la FOTA la semaine dernière. Nul doute qu’il faudra surveiller la Ferrari numéro 5 l’an prochain.
Le rôle de leader d’Alonso, et sa capacité à fédérer son équipe autour de lui a sans doute permis à la Scuderia de sauver sa saison. C’est ce genre de pilote qu’il a manqué à Lotus Renault GP. Obligée de se passer de Robert Kubica après les premiers essais de la R31, l’équipe anglaise a bien débuté la saison en montant deux fois sur le podium, en Australie et en Malaisie. Ces deux courses constituent les seuls points positifs à retenir pour LRGP cette année. La suite aura été une énorme déception. L’équipe étant incapable de faire évoluer correctement sa monoplace et Heidfeld n’arrivant pas à s’imposer comme leader du team. L’imbroglio autour des échappements soufflés aura indéniablement pénalisé l’équipe dirigée par Eric Boullier plus qu’une autre, mais c’est surtout l’absence de Kubica qui s’est fait sentir sur l’ensemble de la saison. L’engagement de Räikkönen pour 2012 est un signe que l’équipe a compris qu’il lui faudra un pilote de premier ordre pour revenir aux sommets, la question étant de savoir si le Finlandais, qui ne passe pas pour un bourreau de travail, sera la bonne personne pour ça.
Le bilan est à peine plus réjouissant du côté de chez Mercedes GP. Les derniers essais d’avant saison avaient laissé entrevoir de belles choses, mais la douche froid n’en fut que plus cruelle à Melbourne où Christian Horner ironisera même sur le rythme des W02 de Schumacher et Rosberg.
Parmi les pilotes de pointe, la déception se nomme incontestablement Lewis Hamilton. Au volant d’une McLaren qui marquait le pas par rapport à la Red Bull, le champion 2008 en a souvent trop fait et a souvent fait n’importe quoi. Impliqué plus que n’importe quel autre pilote dans des incidents, la saison 2011 d’Hamilton est à oublier, même si sa fin de campagne laisse augurer des jours meilleurs. Espérons que 2012 permettra de revoir le vrai Lewis Hamilton, celui qui ne lâche rien mais qui sait aussi quand il faut lever le pied pour éviter l’accrochage.
Si la bataille aux avant-postes n’aura pas été des plus palpitante, la lutte dans le peloton aura, elle, été plus intense. Sauber, Force India et Toro Rosso se sont bien battue jusqu’au drapeau à damier final, au Brésil, pour le gain de la sixième place. Lutte dans laquelle ne s’est pas retrouvée Williams qui vient de boucler sa campagne la plus difficile. Six petits points seulement au compteur. La FW33 était ratée et il n’a pas été possible de renverser la vapeur en court de saison. Cet échec a conduit à de grands coups de ballets à Grove qui abordera la saison prochaine avec un staff technique new look et surtout avec le moteur Renault, reformant le mythique binôme qui avait dominé les années 90.
Déception aussi du côté des petites équipes que sont Marussia Virgin et HRT, qui n’ont pas franchement progressé depuis l’an dernier, là ou Team Lotus aura fait un pas en avant significatif pour se rapprocher d’équipes comme Toro Rosso. Si le travail de la petite entité espagnole mérite un minimum de respect au vu de sa préparation chaotique, chez Virgin le constat est sans appel : le 100% CFD est un échec cuisant et l’équipe, qui battra officiellement pavillon russe en 2012, s’appuiera désormais sur un partenariat technique signé avec McLaren, tout comme Force India, à la différence qu’elle utilisera toujours le moteur Cosworth.
Il est désormais temps de se tourner vers 2012 qui sera marqué par le retour de Kimi Räikkönen après deux ans d’absence, mais aussi par le retour d’un pilote français sur les grilles de départ puisque Charles Pic remplacera le Belge, Jérôme D’Ambrosio chez Marussia. Est-ce que Red Bull va encore placer la barre plus haut ? Est-ce que les adversaires de l’équipe autrichienne vont parvenir à enrayer la belle mécanique de la boisson énergétique ? Est-ce que Mark Webber va revenir à son meilleur niveau ? Mercedes GP pourra-t-elle offrir une première victoire à Nico Rosberg ? Autant de questions qui trouveront des réponses tout au long de la prochaine saison







J’espère que la saison 2012 sera beaucoup plus captivante que la saison 2011 car Sebastian Vettel a tout écrasé cette année