Rubens Barrichello : La passion de la F1 #2

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La SF3 permettra à Rubens de se distinguer

Après quatre ans passés chez Jordan, Rubens Barrichello rejoint la jeune équipe Stewart. Alors qu’on le pensait en perte de vitesse après deux campagnes plus difficiles au sein de l’équipe irlandaise qui avaient bien failli mettre un terme à sa carrière en F1, Barrichello semble retrouver une deuxième jeunesse avec Stewart. Si le pilote est à nouveau à son meilleur niveau, il n’en va pas de même de la monoplace du team qui pêche par un manque de fiabilité récurrent. En 17 départs, le natif de Sao Paulo ne verra l’arrivée qu’à deux reprises seulement. Cependant, il parvient à se mettre en évidence lors du Grand Prix de Monaco où il termine deuxième sous le déluge, bien aidé par des pneus Bridgestone particulièrement efficace dans ces conditions.

La saison 1998 ressemble fort à la précédente. Rubens parvient à se distinguer en qualification mais la fiabilité de la Stewart pose encore problème en course, particulièrement la boîte de vitesses. Comme en 1997, Rubens ne peut espérer mieux que des coups d’éclats ponctuels. C’est ce qu’il fait en Espagne et au Canada en marquant les deux points de la cinquième place. A la fin du championnat, la cote de popularité du Brésilien est à nouveau au beau fixe et Williams lui propose un volant pour la saison suivante. A l’époque l’équipe de Franck Williams est dans une période de transition en attendant l’arrivée de BMW comme motoriste. De plus, il possède encore une année de contrat avec Stewart. C’est donc au volant de la future SF3 qu’il défendra ses chances en 99.

Conçue par l’ingénieur Alan Jenkins, la SF3 est une réussite, même si la fiabilité n’est pas encore parfaite. Qualifié troisième sur la grille d’Interlagos pour son Grand Prix, Barrichello s’empare rapidement de la tête pour ne plus la lâcher, jusqu’au 42ème tour quand son moteur Ford décide de rendre l’âme. Déçu, Rubens se consolera à Imola en montant sur la troisième marche du podium.

En France, il profite des conditions de pistes délicates pour se mettre en pole position, comme lors du Grand Prix de Belgique 1994. La pluie est à nouveau au rendez-vous le lendemain, et la pilote Stewart mène une course de toute beauté en faisant jeu égal avec les McLaren et Ferrari. Malheureusement il se fait doubler par Hakkinen et Frentzen dans les derniers tours et doit se contenter de la troisième place. Il monte une nouvelle fois sur le podium au Nurburgring. Le Grand Prix d’Allemagne est disputé sous la pluie mais Rubens effectue des mauvais choix de pneus et c’est Johnny Herbert qui tire les marrons du feu au volant de la deuxième Stewart, offrant ainsi à l’équipe sa seule victoire en F1. Rubens termine la saison à la septième place en ayant marqué 21 points et permet à son équipe de se hisser au quatrième rang mondial dans le championnat des constructeurs.

En 2000, Ford prend le contrôle de Stewart qu’il renomme Jaguar. Rubens Barrichello quitte l’équipe pour rejoindre la mythique Scuderia Ferrari à la place d’Eddie Irvine qui lui va épauler Herbert chez Jaguar.

En rejoignant Ferrari en 2000, Barrichello arrive dans une équipe qui vient de remporter le championnat constructeur après des années de disette et qui compte bien parvenir à décrocher la couronne des pilotes le plus vite possible. L’équipe italienne va dominer la F1 pendant cinq saisons consécutives. Pourtant son passage chez les rouges lui laissera un petit goût amer. Si sa collaboration avec le cheval cabré lui permettra de remporter neuf de ses onze succès en F1, il n’aura pourtant jamais véritablement sa chance face à Michael Schumacher et sera souvent cantonné au rôle, ingrat, de porteur d’eau.

Pour sa première course en rouge, Rubens signe une belle performance en montant sur la deuxième marche du podium, juste derrière Michael Schumacher et devant les deux McLaren. Au volant de la F1-2000, Barrichello accumule les places d’honneurs en montant sur le podium à neuf reprises tout au long de la saison et remporte sa première victoire en Allemagne sur le circuit d’Hockenheim. S’élançant depuis le fond de la grille, 18ème, le pilote brésilien opère une remontée fantastique qui le voit pointer au dixième rang à la fin du premier tour. L’intrusion sur la piste, d’un ancien employé mécontent de chez Mercedes lui permettra de recoller au peloton de tête et alors que la pluie fait son apparition à 10 boucles du drapeau à damiers, Barrichello décide de rester en piste tandis que les deux McLaren s’engouffrent dans les stands pour changer de pneumatiques. Ce choix stratégique sera le bon puisque Rubens remporte le premier GP de sa carrière. Il participe ainsi au succès final de l’équipe italienne.

La domination de Ferrari continue de plus belle en 2001 mais Barrichello ne parvient pas à décrocher de nouveau succès alors que son équipier en remporte neuf, mais monte dix fois sur le podium.

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Valet de Schumacher chez Ferrari

La meilleure saison de Rubinho chez Ferrari, et en F1 tout court, sera celle de 2002. Le Brésilien s’impose à quatre reprises et termine deuxième du championnat derrière l’intouchable Schumacher. 2002 sera aussi l’année du scandale du Grand Prix d’Autriche. En début de week-end, Lucas di Montezemolo annonce que le contrat entre Barrichello et Ferrari est renouvelé jusqu’en 2004. Cette annonce semble donner des ailes au Brésilien qui domine tout le week-end de la tête et des épaules. Après avoir signé la pole position le samedi, le pilote Ferrari se dirige vers une nouvelle victoire tant la F-2002 est performante. Mais, dans les derniers tours, la Ferrari numéro 2 baisse le rythme et voit revenir l’autre voiture rouge dans ses rétros. A ce moment là personne n’ose imaginer que Rubens puisse perdre cette course. Pourtant, le muret des stands lui fait clairement passer le message « Let pass Michael for the championship. » Rubens s’exécutera dans les derniers mètres, juste devant la ligne, offrant la victoire à Michael Schumacher sous les sifflets des spectateurs dans les tribunes. Ce sacrifice de Barrichello fera beaucoup de bruit auprès des fans, mais aussi dans la presse spécialisée tant la domination de Ferrari est écrasante et que rien ne justifiait une telle décision si tôt dans la saison.

La saison 2003 sera plus délicate pour le team italien. La guerre des pneus fait rage et Michelin domine largement Bridgestone lorsque le soleil est au beau fixe. Rubens alternera le bon et le moins bon cette année-là tandis que Schumacher s’adjuge un sixième titre mondial devenant le pilote le plus sacré de l’histoire de la F1, devant Juan-Manuel Fangio qui semblait pourtant trôner sur le toit de la Formule 1 pour l’éternité. C’est au Brésil que Rubens aurait pu sauver une saison en soit décevante. Après avoir signé la pole position il connait un début de Grand Prix difficile sous la pluie mais au 46ème tour il est en tête devant son public qui espère enfin revoir un Brésilien s’imposer à Interlagos depuis Ayrton Senna en 1993. Mais le sort s’acharne sur Rubinho qui ne sera jamais vernis sur ses terres. Il abandonne un tour plus tard suite à une panne d’essence.

En 2004, Ferrari retrouve des couleurs et permet à Rubens Barrichello d’ajouter deux succès à son palmarès (Italie et Chine) ainsi que de finir une nouvelle fois vice-champion du monde. Mais en 2005, la domination de Ferrari est mise à mal par le trio Alonso-Renault-Michelin. Rubens ne monte sur le podium qu’à quatre reprises et termine la saison à une anonyme huitième place. Las et bien qu’ayant encore un contrat pour 2006, Barrichello quitte la Scuderia pour rejoindre Honda dont Senna lui avait dit le plus grand bien par le passé.

Retrouvez la suite de ce dossier consacré à la carrière de Rubens Barrichello en F1, vendredi sur F1 Chronicles.

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